Macron décide de déclarer l’état d’urgence en Nouvelle-Calédonie

Le président français Emmanuel Macron a convoqué mercredi une réunion de crise et a décidé de déclarer l’état d’urgence en Nouvelle-Calédonie après des émeutes meurtrières dans le territoire semi-autonome français du Pacifique qui cherche depuis longtemps son indépendance.

Les autorités françaises ont entrepris ce qu’elles ont qualifié de mobilisation « massive » des forces de sécurité depuis que de violentes manifestations ont éclaté cette semaine en Nouvelle-Calédonie contre un projet d’amendement à la Constitution française qui modifierait les règles de vote sur le territoire. Un vote au Parlement français approuvant l’amendement mardi a déclenché des émeutes dans la nuit qui ont fait trois morts.

M. Macron a rencontré mercredi son Conseil de défense et de sécurité nationale pour discuter de la situation, selon un communiqué de son bureau. Il a déclaré qu’il avait exprimé une «forte émotion» face à ces morts et sa gratitude envers les forces de sécurité françaises. Il a également indiqué qu’il avait demandé que l’état d’urgence soit déclaré sur le territoire lors de la réunion du cabinet de l’après-midi.

“Toute violence est intolérable et fera l’objet d’une réponse implacable” pour garantir le rétablissement de l’ordre, indique le communiqué, ajoutant que M. Macron avait accueilli favorablement les appels au calme des responsables.

La France a annexé la Nouvelle-Calédonie, une poignée d’îles comptant environ 270 000 habitants, en 1853. La perspective d’indépendance a alimenté des décennies de tensions sur le territoire.

Après que le conflit armé ait fait des dizaines de morts dans les années 1980 – un soulèvement connu sous le nom de « les Événements » – le gouvernement français a promis un changement. Le territoire a organisé trois référendums sur l’indépendance depuis 2018 ; tous ont été rejetés.

Le changement constitutionnel proposé – qui élargit le droit de vote des citoyens français aux élections provinciales – a touché une nouvelle corde sensible. Les militants indépendantistes de Nouvelle-Calédonie ont exprimé leurs craintes que cela affaiblisse leur mouvement et reflètent une tentative plus agressive de la part du gouvernement français d’affirmer sa volonté sur le territoire.

Les listes électorales de Nouvelle-Calédonie sont gelées depuis 2007, seuls ceux qui figuraient sur la liste de 1998 pouvant voter aux élections ultérieures. L’amendement donne le droit de vote à tous les citoyens français qui vivent sur le territoire depuis 10 ans, augmentant ainsi les listes d’environ 20 000 à 25 000 personnes, selon Adrian Muckle, maître de conférences en histoire à l’Université Victoria de Wellington en Nouvelle-Zélande. un expert de la Nouvelle-Calédonie.

Les tensions se sont accrues au cours des dernières semaines, avec des manifestations devenues violentes lundi soir. Malgré les appels au calme des autorités, la violence s’est intensifiée depuis.

Le ministère français de l’Intérieur a indiqué mercredi que plus de 1 800 policiers étaient déjà sur le territoire et que 500 renforts arriveraient dans les prochaines 24 heures. Gérald Darmanin, le ministre de l’Intérieur, a déclaré à la chaîne RTL que « des centaines » de personnes avaient été blessées lors des troubles.

Plusieurs commerces et bâtiments publics, dont des écoles, ont été pillés ou incendiés – et plus de 130 personnes ont été arrêtées, selon le Haut-commissariat français.

Le couvre-feu imposé mardi à Nouméa, la capitale, resterait en vigueur, tout comme l’interdiction de tout rassemblement public. L’aéroport international de Nouméa est fermé depuis mardi, tous les vols commerciaux ont été annulés et les autorités locales ont annoncé que les écoles resteraient fermées jusqu’à nouvel ordre.

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